À travers une lettre ouverte adressée au président de la République à l’occasion du 8 mai, l’association « Un cœur une voix » réclame une ouverture plus large du corps électoral en Nouvelle-Calédonie et estime, en s’appuyant sur l’avis de plusieurs juristes, que le maintien du système actuel pourrait conduire à une condamnation de la France devant la Cour européenne des droits de l’homme.

L’association « Un cœur une voix » a adressé une lettre ouverte à Emmanuel Macron pour dénoncer l’exclusion persistante d’une partie des résidents calédoniens du droit de vote aux élections provinciales.

Signé par son président Raphaël Romano, le courrier estime que des habitants installés depuis parfois plusieurs décennies en Nouvelle-Calédonie restent privés de participation démocratique malgré leur implication dans la vie économique, sociale et fiscale du territoire.

Le texte critique également les pistes d’ouverture limitées « aux seuls natifs et conjoints », jugées insuffisantes au regard du principe d’égalité républicaine. « La démocratie et le respect, c’est le droit de vote », écrit l’association, qui cite aussi Nelson Mandela et le principe du « One man, one vote ».

La lettre rappelle par ailleurs les déclarations d’Emmanuel Macron lors de son déplacement à Nouméa en juillet 2023, lorsque le chef de l’État avait évoqué un corps électoral « dégelé » et reconnu comme « anormal » le fait que certains résidents de longue date ne puissent toujours pas voter.

Tout en rejetant « toute opposition ethnique » et « toute logique communautaire », l’association estime, en s’appuyant sur l’analyse de plusieurs juristes, que la situation actuelle pourrait conduire à une condamnation de la France par la Cour européenne des droits de l’homme pour atteinte au principe d’égalité devant le suffrage.