Le haut-commissariat a pris, le 28 avril dernier, un arrêté instaurant des mesures exceptionnelles de police sur l’ensemble du territoire, dans un contexte sécuritaire jugé particulièrement tendu à l’approche d’une période sensible.

Dans ce texte, l’État justifie sa décision par une accumulation de facteurs préoccupants. La situation économique, politique et sociale du territoire est décrite comme fragile, tandis que la date du 13 mai 2026, marquant le deuxième anniversaire du début des émeutes, est identifiée comme une échéance susceptible de raviver les tensions.

Les autorités pointent également une délinquance persistante, notamment dans l’agglomération du Grand Nouméa mais aussi dans certaines communes du centre et du nord. Cambriolages, agressions, jets de projectiles et violences urbaines continuent d’émailler le quotidien, avec des interventions des forces de sécurité parfois entravées et des agents directement pris pour cible.

Autre sujet d’inquiétude : la circulation des armes. Le haut-commissariat souligne l’augmentation du nombre d’armes à feu dérobées lors de cambriolages, ainsi que la hausse des refus d’obtempérer, autant d’éléments qui contribuent à dégrader le climat sécuritaire.

Dans ce contexte, l’État estime que des rassemblements pourraient dégénérer et générer de nouveaux troubles à l’ordre public, dans un climat d’hostilité à l’égard des forces de sécurité intérieure. Face à ces risques, il rappelle sa responsabilité de prévenir les atteintes à la tranquillité publique et de maintenir l’ordre.

La réponse apportée repose principalement sur le maintien de restrictions encadrant strictement l’accès aux munitions. L’objectif affiché est de limiter la détention de moyens potentiellement dangereux et de contenir tout risque d’escalade de la violence.
Ces restrictions ne sont toutefois pas absolues : des dérogations sont prévues pour certains usages spécifiques, notamment dans le cadre d’actions de lutte contre les espèces animales envahissantes, strictement encadrées par les autorités. 

Ces mesures entrent en vigueur à compter du 1er mai 2026 et s’appliqueront jusqu’au 31 mai inclus, soit sur une période d’un mois correspondant à une phase jugée particulièrement sensible. 

Avec cet arrêté, le haut-commissariat fait le choix d’un dispositif ciblé, centré sur la limitation de l’accès aux munitions, dans l’objectif de prévenir tout regain de violence dans un climat déjà fragilisé.