Avec 58 400 visiteurs recensés en 2025, la Nouvelle-Calédonie enregistre l’une des plus faibles fréquentations touristiques de ces trente dernières années, hors période Covid. Malgré une légère amélioration au fil des mois, la reprise espérée après la pandémie n’a pas eu lieu. Un an après les émeutes de mai 2024, leurs conséquences continuent de peser sur l’attractivité du territoire.
L’année 2023 avait pourtant marqué un retour presque complet à la normale, avec une fréquentation proche du niveau record de 2019. Mais cette dynamique a été brutalement interrompue. En deux ans, le territoire a perdu près de 67 000 touristes, soit une baisse de 53 %. La fréquentation reste ainsi divisée par deux pour la deuxième année consécutive.
Sur l’année 2025, la fréquentation progresse légèrement trimestre après trimestre (+29 %, +31 %, puis +23 %), mais ces hausses restent insuffisantes pour retrouver un niveau satisfaisant. Les deux premiers trimestres figurent parmi les plus faibles observés depuis trente ans, tandis que le second semestre, bien qu’en amélioration, reste deux fois inférieur aux niveaux des années 2019 et 2023.
Dans ce contexte, les clientèles métropolitaine et océanienne jouent un rôle d’amortisseur sans compenser le recul des marchés internationaux. Les visiteurs métropolitains représentent 42 % des arrivées en 2025, mais leur niveau reste inférieur à celui de 2023. Dans le même temps, les clientèles étrangères reculent fortement, avec 40 000 touristes internationaux en moins en deux ans.
L’exemple australien est particulièrement marquant : 11 690 visiteurs en 2025, soit une baisse de 62 % par rapport à 2023. La Nouvelle-Zélande chute encore plus fortement (-82 %, à environ 2 300 touristes), tandis que le Japon devient marginal avec moins de 400 visiteurs sur l’année.
Dans ce contexte dégradé, le tourisme de croisière montre néanmoins un début de redressement avec 250 900 croisiéristes en 2025 (+31 % sur un an). Ce rebond reste toutefois limité : la fréquentation demeure inférieure de 27 % à celle de 2023 et très éloignée des niveaux observés avant la crise sanitaire.
Face à cette situation, un plan de relance a été lancé fin 2025 avec un objectif de 250 000 touristes à l’horizon 2032. À ce stade, la cible ressemble davantage à un pari qu’à une trajectoire crédible, tant l’écart reste important avec les niveaux historiquement observés.
