À la suite de l’attaque mortelle survenue le 22 février à Nouméa, la province Sud et la mairie ont annoncé la relance immédiate d’une campagne ciblée de prélèvements de requins-tigres et bouledogues, à compter du 24 février 2026.

Dans leur communiqué commun, les deux collectivités présentent une réponse de précaution face à une menace jugée croissante. Cette décision s’inscrit dans le cadre du Plan de réduction du risque requin, mené en coordination avec l’État, le gouvernement et le Port autonome. Le dispositif repose sur plusieurs leviers : surveillance renforcée des zones de baignade avec vigies nautiques et drones, installation de barrières de protection notamment à la baie des Citrons et au Château Royal, restrictions temporaires des activités nautiques et actions de sensibilisation.

Dans ce contexte, la baignade et les activités nautiques restent interdites dans la bande des 300 mètres du littoral de Nouméa jusqu’au 4 mars inclus. Une mesure présentée comme ponctuelle, directement liée au drame, et susceptible d’évoluer en fonction de la situation.

Pour les autorités, la relance des prélèvements répond à un impératif immédiat : la protection des vies humaines. Une décision qui suscite toutefois de vives réactions.

L’association Ensemble pour la planète (EPLP) annonce avoir saisi le tribunal administratif en référé et sur le fond. Elle estime que cette relance contrevient aux décisions rendues en 2023, qui avaient jugé ces campagnes disproportionnées et insuffisamment fondées scientifiquement.
Elle souligne également que la justice avait annulé le retrait du statut d’espèce protégée des requins concernés. Selon l’association, aucun élément scientifique nouveau ni expertise indépendante ne vient justifier un changement de position. EPLP plaide pour une gestion du risque requin fondée sur des données solides et des mesures proportionnées.

De son côté, la liste Unité Pays exprime sa compassion envers la victime tout en appelant à la retenue. Si la sécurité en mer est jugée légitime, le mouvement estime que l’émotion ne doit pas primer sur le respect du droit. Il demande des bases scientifiques et juridiques claires, ainsi qu’une action publique transparente et conforme aux décisions de justice.

Unité Pays défend également une approche globale du risque requin, estimant qu’aucune mesure isolée ne constitue une réponse durable. Le mouvement met en avant la dimension culturelle du requin en pays kanak, liée à une relation d’équilibre avec la nature, au-delà d’une logique d’élimination.

Au-delà des divergences, ce nouvel épisode illustre la complexité du débat en Nouvelle-Calédonie, entre impératif de sécurité, respect du droit, exigences scientifiques et prise en compte des dimensions environnementales et culturelles.