Menacé par un manque de trésorerie dès les prochains mois, avec un besoin de financement estimé entre 7 et 8 milliards de francs à l’horizon 2026, le système de retraites calédonien va être réajusté.

Le gouvernement a examiné un avant-projet de loi du pays qui prévoit deux mesures principales : durcir progressivement les conditions de départ et augmenter les cotisations pour sécuriser la branche vieillesse, tout en relevant la contribution calédonienne de solidarité sur les pensions afin de renforcer le financement de la santé et de la protection sociale.

Le projet maintient l’âge légal de départ à la retraite à 62 ans, mais rend plus strictes les conditions pour partir sans pénalité avant cet âge. La durée de cotisation exigée passerait progressivement de 37 à 39 ans, à raison de six mois supplémentaires par an sur quatre ans.

Le texte prévoit que les cotisations retraite ne seraient plus limitées par un plafond unique : les revenus les plus élevés cotiseraient davantage grâce à la création d’une seconde tranche. Il instaure aussi une durée minimale de 15 ans de cotisation pour pouvoir partir sans pénalité avant 65 ans ; en dessous, une décote de 1,5 % par trimestre serait appliquée jusqu’à cet âge. Enfin, davantage de personnes pourraient cotiser volontairement pour améliorer ou maintenir leurs droits à la retraite.

En parallèle, la contribution calédonienne de solidarité augmenterait pour les pensions de retraite et les revenus de remplacement. Aujourd’hui fixée à 1,3 % pour ces revenus, elle serait progressivement portée à 3 % entre 2026 et 2028, afin de l’aligner sur le taux appliqué aux salaires. Cette hausse devrait permettre de dégager environ 1,36 milliard de francs supplémentaires par an pour financer le régime d’assurance maladie via la CAFAT et les dispositifs de solidarité gérés par l’Agence sanitaire et sociale.

Avec ces ajustements, l’exécutif entend éviter une impasse financière et stabiliser, à court et moyen terme, l’équilibre des régimes sociaux, dans un contexte budgétaire particulièrement tendu. Ce texte doit encore suivre le parcours institutionnel prévu avant un éventuel examen et vote par le Congrès.