Après plusieurs mois de fragilité, le tourisme commence à redonner quelques signes de reprise en Nouvelle-Calédonie. Le redémarrage reste lent, mais la tendance observée en 2025 confirme une amélioration progressive, dans un contexte jugé plus stable qu’au lendemain des émeutes.

Un peu plus de 58 000 visiteurs sont arrivés par avion sur le territoire au cours de l’année. Un volume encore très inférieur à celui de 2023, dernière année de référence avant la crise, mais qui représente près de la moitié du trafic d’alors. La dynamique s’est surtout renforcée à partir du milieu d’année, avec une progression continue des arrivées et un écart qui se réduit mois après mois par rapport aux niveaux d’avant-crise.

L’un des principaux freins à la reprise demeure l’image de la destination à l’international. Longtemps associée à l’instabilité, la Nouvelle-Calédonie a dû engager un travail de réassurance auprès de ses marchés traditionnels. La baisse progressive des niveaux d’alerte émis par plusieurs pays a contribué à améliorer la perception du territoire, favorisant un retour encore limité, mais réel, de certaines clientèles, notamment dans la région Pacifique.

La structure de la fréquentation a, elle aussi, évolué. La Métropole s’impose désormais comme le premier bassin d’origine des visiteurs, devant l’Australie, tandis que les clientèles européennes et nord-américaines gagnent du terrain. Cette diversification a soutenu la reprise observée au second semestre, en particulier sur les séjours longs et à plus forte valeur ajoutée.

Pour consolider cette dynamique, plusieurs leviers sont identifiés. Le retour progressif des capacités aériennes internationales, l’élargissement de l’offre d’hébergement et le développement de nouveaux produits combinant l’international et les îles sont perçus comme déterminants. Des projets de nouvelles liaisons et de séjours inédits sont à l’étude, tandis que certaines dessertes internationales pourraient être relancées par étapes.

À plus long terme, les autorités affichent une ambition de croissance marquée, avec un objectif de fréquentation qui dépasserait largement les records historiques du territoire au début de la prochaine décennie. Une trajectoire qui reste toutefois conditionnée à une stabilité durable et à la capacité du secteur à se réinventer.

La croisière illustre les limites structurelles de cette reprise. Si l’activité progresse par rapport à l’année précédente, elle demeure très en deçà des niveaux atteints avant les crises successives. Le nombre de passagers remonte progressivement, mais le recul du nombre d’escales et la fin des années de forte affluence continuent de peser sur la filière.

Cette reprise, aussi réelle soit-elle, ne gomme pas les faiblesses structurelles du tourisme calédonien. Bien avant les émeutes, la destination peinait déjà à convaincre, pénalisée par un accueil inégal, un manque de professionnalisation et des prix élevés souvent déconnectés du service rendu. La question n’est donc pas seulement de faire revenir les touristes, mais de savoir si la Nouvelle-Calédonie est prête à offrir une expérience à la hauteur de ce qu’elle facture.