En Nouvelle-Calédonie, des lézards que l’on ne trouve nulle part ailleurs sur la planète sont aujourd’hui en danger. Feux de brousse, activités humaines et trafic illégal menacent directement ces espèces emblématiques, désormais placées sous haute surveillance par les scientifiques.
Véritable réservoir de biodiversité, la Nouvelle-Calédonie voit une part croissante de son patrimoine naturel basculer dans la zone rouge. Selon une évaluation récente relayée par la Fondation 30 Millions d’Amis, près de 70 espèces de lézards endémiques de l’archipel figurent désormais pour la première fois sur la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature. À ces reptiles s’ajoutent plus de 600 espèces végétales, toutes propres au territoire, confirmant l’extrême vulnérabilité de ces écosystèmes.
Les causes de ce déclin sont multiples mais largement liées aux activités humaines.
Les feux de brousse, de plus en plus fréquents et aggravés par les sécheresses, détruisent massivement les habitats naturels.
L’exploitation minière, notamment du nickel, entraîne également un défrichement important de zones sensibles, mettant en péril des espèces cantonnées à des espaces très restreints.
À cela s’ajoutent les effets des espèces invasives comme les rats, cochons, cerfs ou fourmis, qui perturbent profondément les équilibres écologiques locaux.
Certaines espèces de lézards paient aussi le prix de leur notoriété.
Appréciés pour leur apparence, des geckos endémiques font l’objet de captures illégales destinées au marché international des nouveaux animaux de compagnie. Le gecko à crête, Correlophus ciliatus, originaire de Nouvelle-Calédonie, illustre cette pression croissante.
Les experts soulignent ainsi l’urgence, pour les autorités locales, de renforcer les mesures de protection afin d’éviter la disparition irréversible d’espèces strictement endémiques à l’archipel.

