À Maré, quand la saison touristique bat son plein, l’accès à la plage de Yedjele est une nouvelle fois fermé. Une surprise pour les visiteurs, même si pour les habitués, le scénario est désormais bien rodé : chaque été, ou presque, la route menant à l’une des plages les plus emblématiques de l’île se retrouve bloquée.
Cette fois encore, des troncs d’arbres ont été disposés sur la route, empêchant tout accès au site. La fermeture ne serait pas liée aux fermetures coutumières traditionnelles, qui interviennent à d’autres périodes, mais viserait à restreindre l’accès aux personnes extérieures à la tribu.
Résultat : des touristes, pourtant en vacances sur l’île de Maré, billet d’avion en poche, découvrent que payer le transport ne garantit ni plage, ni baignade, ni détente. Une forme de tourisme à suspense, où l’on découvre les conditions d’accès une fois arrivé sur place.
Cette situation rappelle une réalité bien connue mais rarement mise en avant dans les brochures : en Nouvelle-Calédonie, de nombreuses plages sont situées sur des terres privées coutumières, dont l’accès peut être ouvert… ou fermé, selon le choix des propriétaires.
Pour les acteurs du tourisme comme pour les visiteurs, ces fermetures répétées interrogent. Elles soulignent surtout le décalage entre la promotion des îles Loyauté et la réalité du terrain, et posent une question simple : peut-on durablement développer le tourisme sans garantir l’accès aux sites que l’on met en avant ?
À ce jour, aucune information officielle n’a été communiquée sur la durée de cette fermeture ni sur d’éventuelles alternatives proposées aux visiteurs déjà présents sur l’île.

