La Semaine de l’Industrie se déroule jusqu’au 5 décembre, avec visites d’usines et rencontres au cœur des filières qui produisent et investissent localement : agroalimentaire, biens de consommation, produits du bâtiment, signalétique et énergie et rencontres avec les professionnels. L’occasion rare de voir le travail réel, celui qui se fait sur le terrain.

Parmi les nombreuses tables rondes annoncées, celle du mardi 2 décembre a particulièrement retenu notre attention. Organisée au Centre Culturel Tjibaou, elle s’attaquera à un sujet sensible, souvent évoqué à demi-mot mais rarement traité frontalement : la corruption, ce fléau discret qui gangrène silencieusement l’économie locale.

Parce que la corruption, ce n’est pas seulement des scandales spectaculaires. Souvent, c’est beaucoup plus discret, presque banal : des marchés publics accordés à la relation plutôt qu’à la compétence. Des dossiers prioritaires pour certains, oubliés pour d’autres. Des subventions distribuées au réseau plutôt qu’au mérite. Des conflits d’intérêts qui finissent par ne plus choquer personne. Des appels d’offres dont on connaît parfois le gagnant avant même le lancement.

Espérons qu’une large place sera également faite aux protections de marché. Parce que soyons honnêtes Beaucoup d’entreprises représentées dans la fédération bénéficient de protections de marché, d’accords sectoriels ou de systèmes de priorités économiques qui, dans les faits, verrouillent la concurrence. Des environnements où certains acteurs sont mieux placés que d’autres, avant même de commencer la course.

Alors la vraie question est là : pouvons-nous construire une industrie solide si l’on ne commence pas par remettre tous les joueurs au même niveau ? Peut-on parler de relance, d’avenir et de production locale sans aborder frontalement ce qui empêche le système de respirer ?

Mettre le sujet sur la table, c’est rompre avec le fatalisme. C’est rappeler qu’aucune économie ne peut avancer sans confiance, ni sans des règles du jeu claires et équitables pour tous.
Espérons, cette fois, que les lignes bougeront… dans le bon sens.