En visite officielle depuis ce lundi, la ministre des Outre-mer Naïma Moutchou a entamé une série de rencontres institutionnelles à Nouméa. Une première journée marquée par des échanges avec les responsables du gouvernement, du Congrès et de la province Sud, sur fond de crise financière et d’attente de signes concrets de l’État.

Un diagnostic économique partagé

Premier arrêt à la présidence du gouvernement, où Alcide Ponga a mis en avant l’urgence économique et budgétaire du territoire. Cette rencontre a visé avant tout à dresser un état des lieux précis de la situation et à faire remonter les priorités calédoniennes à Paris, alors que le débat sur le budget 2026 des Outre-mer doit se tenir le 18 novembre à l’Assemblée nationale.
Le président du gouvernement, a souligné l’importance de trouver des solutions pour relancer l’activité.

A l’issue de cette rencontre, une séance collégiale s’est tenue avec les membres du gouvernement : Christopher Gygès, Naïa Wateou, Jérémie Katidjo Monnier, Petelo Sao et Samuel Hnepeune.
Chaque membre a pu présenter les enjeux majeurs de son secteur et échanger avec la ministre sur les priorités de l’État pour l’accompagnement du territoire, notamment concernant la préparation du budget 2026.

Des institutions unies sur l’urgence financière

Au Congrès, l’entretien avec Veylma Falaeo a également permis d’évoquer le futur projet de loi constitutionnelle concernant l’avenir institutionnel du territoire. La présidente du Congrès a souhaité que l’institution soit consultée sur ce texte, une éventualité à laquelle la ministre « n’est pas opposée ».
Veylma Falaeo a aussi présenté à la ministre ses priorités, centrées sur l’évaluation des politiques publiques et la démocratie participative, deux chantiers qu’elle souhaite renforcer au sein de l’hémicycle.

Soutenir les entreprises et l’investissement

La ministre s’est ensuite rendue à la province Sud pour un entretien avec Sonia Backès, consacré à la fois à la politique et à l’économie. La présidente a rappelé la volonté du camp loyaliste de maintenir le dialogue avec le FLNKS, tout en insistant sur la nécessité de mesures concrètes pour soutenir la relance.
Elle a notamment évoqué le besoin d’outils financiers pour aider les entreprises, soulignant que beaucoup peinent à accéder à la trésorerie nécessaire pour redémarrer.
Autre priorité : relancer l’investissement public à travers des projets d’infrastructures comme le viaduc du Mont-Dore, la traversée Koutio–Ducos ou la rénovation de plusieurs collèges.

« Il faut redonner du travail aux Calédoniens », a insisté la présidente de la province Sud, espérant que la visite ministérielle débouche sur des engagements rapides.

Ces entretiens se sont achevés à la mairie de Nouméa par un échange avec la maire, Sonia Lagarde, autour notamment du financement des communes et des questions d’urbanisme.

Dans la soirée, Naïma Moutchou devait poursuivre sa visite en rencontrant les acteurs économiques du territoire.

La journée de mardi sera, elle, consacrée aux rencontres bilatérales, avec en point d’orgue un entretien attendu avec le FLNKS au haut-commissariat, où le volet politique du déplacement doit être abordé plus en détail.