Dans un communiqué diffusé cet après-midi à Nouméa, le Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS) se dit « ouvert au dialogue » à l’approche de la visite de Naïma Moutchou, ministre des Outre-mer, attendue du 10 au 14 novembre. Le mouvement assure être prêt à élaborer avec l’État une entente-cadre garantissant « une méthode de discussion et de négociation claire, équitable et respectueuse ».

Le bureau politique attend désormais que les propos de la ministre, « rien ne se fera sans le FLNKS » se traduisent « par des actes concrets » et marquent « une rupture avec les pratiques du passé ».

« Seul un dialogue sincère, fondé sur le respect mutuel et une méthode juste, permettra de construire un avenir partagé et apaisé », souligne le texte signé par Dominique Fochi.

Le FLNKS dénonce la méthode employée par l’État et rappelle que l’Accord de Nouméa reste « le socle politique et juridique du processus de décolonisation », dont l’irréversibilité a été confirmée par le Conseil constitutionnel le 19 septembre. Le mouvement réaffirme « le droit du peuple kanak à disposer de lui-même » et son objectif d’atteindre la pleine souveraineté dans la paix et la dignité.

Prenant acte de la décision du Conseil constitutionnel validant un troisième report des élections provinciales, le FLNKS estime qu’elle ferme la porte à toute révision constitutionnelle, possible seulement « en cas de consensus ». Il appelle à organiser le scrutin avant la fin de l’année afin de « légitimer une nouvelle classe politique par le suffrage ».

« Kanaky ne se négocie pas. Elle doit se libérer, dans la dignité et la cohérence de son histoire », conclut le communiqué.

Le mouvement exige aussi des réponses sur la situation des prisonniers politiques et sur l’urgence sociale, terme par lequel il désigne les inégalités persistantes, la précarité et les injustices héritées du système colonial. Un constat qui, selon lui, rend impossible toute paix durable « sans justice ni décolonisation ».

Enfin, le FLNKS remercie les États et organisations régionales du Pacifique – Groupe Fer de lance mélanésien, Forum des Îles du Pacifique, Front international de décolonisation – et annonce la poursuite de ses démarches diplomatiques auprès de l’ONU pour garantir le respect du processus de décolonisation.

En clair : le mouvement dit vouloir discuter… mais on dirait qu’il a déjà toutes les réponses.