Depuis quatre ans, le Vanuatu accumule les galères en mer : pannes, tensions diplomatiques et manque de moyens. Résultat, les pêcheurs illégaux en profitent pour revenir dans la zone économique exclusive, presque en toute impunité.

Depuis que le seul patrouilleur du pays, le RVS Takuare, s’est échoué fin octobre au large de South Epi, plus personne ne surveille vraiment les eaux vanuataises. Une aubaine pour les flottes étrangères déjà bien installées dans le coin.

Le problème dure. À son arrivée en 2021, le Takuare avait pourtant fait le job : quatre navires étrangers repérés, deux amendes. Mais dès 2022, une grosse panne l’a cloué au port pendant des mois.

La suite ? Des contrôles en dents de scie et des tensions avec les partenaires. En 2023, un navire des garde-côtes américains s’est vu refuser l’accès à Port-Vila. Puis, en mars 2024, des policiers vanuatais embarqués sur un bateau américain ont contrôlé six navires chinois : la moitié étaient en infraction.

Depuis, Port-Vila tente de réagir. Un plan de gestion du thon a été lancé, et le pays plaide à l’ONU pour mieux protéger les océans face à la pêche et à l’exploitation minière.

Mais sur le terrain, les moyens restent limités. Le patrouilleur est en réparation en Australie, et d’anciens responsables redoutent un retour massif des bateaux illégaux. À Santo, des chefs coutumiers affirment déjà en voir au large.

Autre souci : l’image du pavillon vanuatais, souvent utilisé comme pavillon de complaisance. En début d’année, un navire immatriculé à Vanuatu a même été condamné en Argentine pour pêche illégale.

Le gouvernement promet de renforcer les contrôles, mais tant que le Takuare reste à quai, les eaux du Vanuatu semblent plus vulnérables que jamais.

Une situation qui rappelle à quel point la surveillance maritime reste un défi majeur pour les petits États insulaires du Pacifique.