Pour la première fois depuis des années, l’usage des paiements électroniques recule dans les territoires français du Pacifique. En cause : une baisse des transactions, accentuée en Nouvelle-Calédonie après les émeutes de mai 2024, et une explosion des fraudes bancaires qui inquiète l’IEOM.

En 2024, un peu plus de 124 millions d’opérations ont été enregistrées, soit une chute de près de 10 % par rapport à l’année précédente. Les montants payés diminuent aussi, une tendance accentuée en Nouvelle-Calédonie et à Wallis-et-Futuna, notamment à cause des émeutes de mai 2024 qui ont perturbé le fonctionnement économique.

Tous les moyens de paiement sont concernés par cette baisse, mais celle-ci est beaucoup plus marquée pour les virements et, surtout, pour les chèques. Déjà en fort déclin ces dernières années, le chèque poursuit sa disparition progressive au profit des paiements électroniques. En Nouvelle-Calédonie, il est désormais interdit ou refusé dans la quasi-totalité des commerces et administrations, en raison des nombreux incidents bancaires qu’il a provoqués.

En revanche, la fraude, elle, bondit de plus de 70 % sur un an pour atteindre près de 650 millions de francs CFP. Les cartes bancaires concentrent désormais plus de la moitié des montants fraudés, tandis que chèques et virements représentent chacun environ un quart des pertes. Même si les taux de fraude restent inférieurs à ceux observés en métropole, leur progression rapide inquiète les autorités.

La plupart des fraudes concernent les paiements à distance. Les cartes bancaires sont les plus ciblées, notamment lors d’achats en ligne ou à la suite de vols de données bancaires. Les virements font aussi l’objet d’arnaques plus sophistiquées, comme les faux RIB ou les fausses factures adressées aux entreprises. Les chèques, eux, sont parfois falsifiés ou utilisés dans des escroqueries à la revente.

Face à ce constat, l’IEOM appelle les usagers à la plus grande prudence : ne jamais communiquer ses identifiants ou codes confidentiels, et signaler sans délai toute opération suspecte. L’institution poursuivra ses campagnes d’information pour renforcer la sécurité des paiements dans les territoires du Pacifique.