Le Front de Libération Nationale Kanak et Socialiste (FLNKS) a réagi ce mercredi après-midi à l’adoption d’une motion de rejet préalable à l’Assemblée nationale concernant le projet de loi sur le report des élections provinciales.
La motion, déposée par le groupe Renaissance, a été adoptée par 257 voix pour et 105 contre, sur 373 votants. Cette décision met fin à l’examen du texte, qui ne pourra pas être redéposé sous la même forme.
La prochaine étape consistera en la convocation d’une commission mixte paritaire (CMP), composée de sept députés et sept sénateurs, chargée d’examiner le texte dans la version adoptée par le Sénat. Aucune modification ne pourra y être apportée.
Un procédé perçu comme un déni de démocratie
Dans un communiqué signé par Dominique Fochi, secrétaire général de l’Union calédonienne, le FLNKS dénonce une « nouvelle manœuvre du gouvernement français » et un « mépris du peuple colonisé ».
Le mouvement estime que ce choix de procédure traduit une volonté de contourner le débat parlementaire et d’imposer le « projet de Bougival » sans concertation. Pour le FLNKS, cette attitude « fragilise encore davantage le climat politique du pays ».
Le mouvement indépendantiste revendique sa légitimité
Face aux critiques sur sa représentativité, le FLNKS rappelle qu’il dirige deux provinces sur trois, la majorité des communes et dispose du plus grand nombre d’élus au gouvernement et au Congrès.
Le mouvement affirme rester « le principal acteur du processus de décolonisation » et prévient que toute tentative de règlement politique sans lui serait vouée à l’échec.
Appel à renoncer au projet de Bougival
Le Front appelle le gouvernement à abandonner le texte sur le report des provinciales, qu’il considère comme une source d’instabilité. Selon lui, maintenir ce projet reviendrait à prolonger la méfiance et la paralysie institutionnelle, risquant de raviver les tensions déjà fortes en Nouvelle-Calédonie.
Le communiqué conclut sur un appel au dialogue : la stabilité du pays « ne se construira pas contre le peuple kanak, mais avec lui ».
Le mouvement appelle enfin « les citoyennes et citoyens, les forces politiques, coutumières, religieuses et syndicales » à rester vigilants et mobilisés pacifiquement pour défendre la démocratie et la souveraineté du pays.
