Cinquante détenus du centre pénitentiaire de Nouméa ont déposé un recours d’urgence contre l’État, estimant que leurs conditions d’incarcération violent les droits fondamentaux. Leur avocat, Me Charly Salkazanov, a saisi le tribunal administratif par la voie du référé liberté, une procédure destinée à obtenir des mesures immédiates. L’audience s’est tenue ce mercredi et la décision est attendue le 27 octobre.
Les prisonniers ont transmis au juge des clichés et des témoignages décrivant un quotidien marqué par la promiscuité, les nuisibles et l’insalubrité. Quatre hommes partagent parfois la même cellule, confinés près de 23 heures par jour, certains dormant sur des matelas posés à même le béton. Le Camp-Est, souvent qualifié de « prison de la honte », compte aujourd’hui 552 détenus pour seulement 397 places.
Pour Me Salkazanov, la situation est « intolérable ». Il dénonce :
L’absence de cloison entre les toilettes et la zone de couchage, des branchements électriques dangereux et des conteneurs métalliques servant de cellules, véritables fournaises pendant la saison chaude.
Ce type d’aménagement, souligne-t-il, « est une spécificité calédonienne qu’on ne retrouve nulle part ailleurs ».
Malgré les avertissements répétés du contrôleur général des lieux de privation de liberté et plusieurs décisions de justice antérieures, la situation n’a guère évolué. Deux détenus avaient même obtenu une libération provisoire en 2020 et 2022, au nom du respect de la dignité humaine.
Cette nouvelle action se démarque par son ampleur et la solidité de son dossier : cinquante requérants, des preuves photographiques, des rapports officiels et de nombreux témoignages. L’avocat espère obtenir des mesures rapides pour rétablir « un minimum de conditions décentes ». À défaut de progrès, il réclame une astreinte de 200 euros, soit près de 24 000 francs par jour et par détenu.
