Réuni à Saint-Louis samedi 9 aout 2025, le congrès extraorinaire du FLNKS marque un moment clé de la lutte indépendantiste. Dès son discours d’ouverture, le président Christian Tein a fixé l’objectif : conduire Kanaky à la pleine souveraineté avant l’élection présidentielle française de 2027.
Face aux congressistes, aux autorités coutumières, il a rappelé le chemin parcouru, les sacrifices consentis et la nécessité d’une détermination sans faille. Pour lui, la France n’est plus un arbitre neutre depuis 2021, et la vigilance est de mise pour éviter toute manœuvre visant à retarder l’indépendance.
Ce discours a également marqué un rejet clair de l’accord dit « de Bougival », présenté par l’État et signé par certains responsables locaux. Christian Tein a dénoncé une signature illégitime, rappelant que ses auteurs n’avaient reçu aucun mandat du FLNKS pour engager le mouvement.
S’il en refuse le contenu, le président du Front ne ferme toutefois pas la porte à un dialogue bilatéral avec l’État, à condition que celui-ci vise exclusivement la pleine souveraineté et non un compromis institutionnel.
De là à imaginer que parmi les options évoquées pourrait figurer l’idée de mobiliser largement pour éviter qu’une consultation ne soit organisée sur cet accord, il n’y a qu’un pas…
Le texte ne fait plus référence au mot « Kanak », lui préférant les expressions « peuple calédonien » ou « citoyens calédoniens » — un choix perçu par certains comme un effacement de l’identité autochtone.
Christian Tein a également salué le rôle permanent des coutumiers et le courage des grands chefs ayant proclamé la souveraineté des chefferies. Il a appelé à l’unité des indépendantistes pour mener à bien cette mission historique, tourner définitivement la page du colonialisme et faire entrer Kanaky dans le cercle des nations libres.
