À l’issue de son séminaire du 17 avril 2025, l’Union Calédonienne a procédé à une lecture approfondie du projet d’accord politique présenté par l’État. Ce texte, censé ouvrir une nouvelle étape pour la Nouvelle-Calédonie, est jugé insatisfaisant en l’état.
Le projet ne fixe aucune trajectoire claire vers la souveraineté. Il élude toute échéance politique, affaiblit le droit à l’autodétermination et se contente d’évoquer une montée en compétences sans perspective d’indépendance. L’Union Calédonienne rappelle que l’Accord de Nouméa visait précisément à organiser une décolonisation progressive, avec l’indépendance comme horizon. Ce cap semble aujourd’hui abandonné.
Par ailleurs, le projet remet en question les équilibres politiques construits depuis 1998. La nouvelle répartition du Congrès, même sous couvert d’ajustement démographique, affaiblirait la représentativité des forces indépendantistes. De même, l’élargissement du corps électoral, sans ancrage historique ni protection du droit des populations autochtones, compromet l’esprit de l’Accord de Nouméa, qui reconnaissait une citoyenneté fondée sur l’ancrage durable au territoire.
Le texte souffre également d’un manque de vision politique. Il juxtapose des dispositifs techniques sans poser un cadre cohérent ni affirmer clairement les objectifs poursuivis. L’absence d’un préambule affirmant la finalité de souveraineté traduit une rupture avec l’esprit des accords précédents.
Toutefois, l’Union Calédonienne prend acte de certaines avancées partielles : reconnaissance de la citoyenneté calédonienne, ouverture à des compétences régaliennes, ou encore élaboration d’une loi fondamentale spécifique. Mais ces éléments demeurent insuffisants sans une volonté politique affirmée de décoloniser le pays.
En conclusion, le projet transmis ne peut, en l’état, constituer une base de discussion satisfaisante. L’Union Calédonienne appelle à une réécriture profonde du texte, afin qu’il respecte la mémoire des accords signés, l’engagement pour la souveraineté, et la légitimité du peuple kanak à décider de son avenir.
On a juste envie de rajouter tout ça pour ça !
