Ce n’est pas un sketch, ni un canular de 1er avril. Pourtant, tous les ingrédients y sont : une fonctionnaire, un aller-retour Wallis–Paris, des vacances à Bangkok en bonus… et une demande de remboursement de plus de presque 400 000 francs adressée à l’État. Motif : la participation à un examen professionnel d’une journée. On aurait pu rire. Le tribunal, lui, a préféré statuer.

Tout commence en 2023. Une attachée d’administration de l’État, affectée aux îles Wallis-et-Futuna, s’inscrit à l’examen professionnel d’attaché principal, un grade supérieur obtenu généralement par examen professionnel ou par promotion interne. Elle décide de passer l’épreuve en métropole, à Lognes, en Seine-et-Marne, le 14 novembre.
Mais avant cela, cap sur Bangkok pour des vacances bien méritées, puis direction la métropole. Après l’examen, on prolonge un peu le séjour. L’ensemble du périple dure près de quatre semaines.

Le 23 novembre, la fonctionnaire saisit son administration : elle réclame le remboursement intégral de ses billets d’avion, soit 3 113,56 euros, environ 371 600 F CFP. L’administration refuse. Elle insiste, et porte l’affaire devant le tribunal administratif de Nouvelle-Calédonie.

Dans sa décision du 27 mars dernier, le tribunal est clair : le voyage ne peut pas être considéré comme un déplacement professionnel. L’administration avait d’ailleurs précisé que les frais à partir de Bangkok ne seraient pas pris en charge, et qu’une solution en visioconférence avait été proposée — et refusée.

Les juges concluent qu’un déplacement aussi long pour un seul jour d’examen ne peut “sérieusement” être présenté comme motivé uniquement par des raisons professionnelles. Résultat : pas de remboursement.

Moralité : en matière de frais de transport dans la fonction publique, mieux vaut éviter de mélanger vacances perso et missions officielles. Le message du tribunal est clair : un jour d’examen ne suffit pas à justifier quatre semaines de périple. À défaut de remboursement, la fonctionnaire repart avec une jurisprudence à méditer.