Dans une lettre ouverte intitulée “Et maintenant ?” l’Éveil Océanien s’exprime pour la première fois depuis les élections législatives.
Sans surprise, le parti de Milakulo Tukumuli tire à boulets rouges sur les Loyalistes et le Rassemblement, et réaffirme son soutien à un État souverain en coopération avec la France pour les compétences régaliennes. La nouveauté est qu’il s’en prend également aux élus indépendantistes qu’il appelle à « prendre leurs responsabilités et à libérer le pays » pour restaurer le respect et la démocratie. Faute de quoi le parti prévient qu’il agira en conséquence.
La confiance et les responsabilités ont laissé place à la défiance et l’irresponsabilité.
Les militants indépendantistes doutent du FLNKS, en particulier de sa gouvernance et de ses dirigeants, qu’ils voient comme embourgeoisés et plus préoccupés par le statut d’indépendantistes que par l’indépendance elle-même à l’image de leur énième lubie à Baku.
En avril, le FLNKS était présent lors du sit-in sur la place Koo We Joka, mais en mai, il s’est désengagé, laissant Christian Tein et la CCAT à leur sort. La mobilisation, initialement contre le dégel du corps électoral, a dérivé vers divers slogans et affrontements. »Non au pacte nickel » puis « libérez nos camarades », pour enfin finir par « il faut aller chercher Kanaky ».
La réforme constitutionnelle est abandonnée, mais les barrages et violences continuent, menant le pays à l’effondrement.
Poursuivre encore la mobilisation, c’est mener avec certitude notre pays vers l’effondrement et nous ne pouvons pas soutenir cela, car notre majorité a été élue pour stabiliser le pays, pas pour le détruire. Il faut mettre fin à cette tragédie.
Nous appelons respectueusement le FLNKS et ceux encore mobilisés à libérer le pays, permettre aux enfants de retourner à l’école, aux malades d’accéder aux soins, et aux entreprises de survivre. Rejoignez la table des discussions pour que la Nouvelle-Calédonie puisse se relever.
Sinon nous prendrons nos responsabilités.



