La revendication du Vanuatu sur Matthew et Hunter tourne à l’affrontement par courriers interposés. Dans une lettre datée du 1er octobre, Nicolas Metzdorf multiplie les piques contre le pays voisin. Le FLNKS réplique le lendemain, dénonce une « offense diplomatique » et réclame des excuses de la France.

Selon le mouvement indépendantiste, cette lettre fait suite à l’intervention du représentant du Vanuatu à l’ONU, Odo Tevi, le 28 septembre. Le député l’adresse à Jotham Napat en le désignant comme Premier ministre du « Condominium des Nouvelles-Hébrides », l’ancienne appellation coloniale du pays.

Nicolas Metzdorf ironise sur le « modèle de réussite exemplaire » du Vanuatu, son économie et son système social. Il vise également le FLNKS :

Vos plus fervents admirateurs du FLNKS ont tenté, en 2024, d’aligner le PIB par habitant de la Nouvelle-Calédonie sur le vôtre, écrit-il, en référence aux violences de 2024.

Le député propose ensuite, sur un ton sarcastique, de transférer certaines îles vanuataises sous administration française, avec un « bail territorial pour une durée indéterminée ». En contrepartie, il évoque l’école gratuite, un accès aux soins décent et la nationalité française.
Metzdorf termine en proposant ironiquement de sceller cet « accord historique » dès la semaine suivante à New York, en marge des travaux de l’ONU. Il précise que Paris et Pékin sont destinataires d’une copie, puis conclut : « Merci, Tangkyu tumas, Xièxie. »

La réponse du FLNKS est tout aussi virulente. Dans son communiqué du 2 octobre, signé par Christian Tein, le mouvement dénonce un ton « condescendant, empreint de paternalisme néocolonial et d’ironie méprisante ». Il considère la référence aux Nouvelles-Hébrides comme une « offense diplomatique grossière » envers un pays indépendant et souverain.

Tout en qualifiant les propos du député de racistes et xénophobes, le FLNKS verse lui-même dans l’attaque personnelle. Il évoque son « verbe de petit Blanc afrikaner » et l’invite à « se faire soigner ». Le mouvement demande à son chef de groupe à l’Assemblée nationale et au président de la République de le sanctionner et de présenter des excuses au Premier ministre et au peuple du Vanuatu.

Sur le fond, le FLNKS réaffirme son soutien à la souveraineté vanuataise sur Matthew et Hunter, dans la continuité de l’accord de Keamu de 2009. Il appelle à un règlement diplomatique du différend, tout en accusant Nicolas Metzdorf de raviver les tensions en Nouvelle-Calédonie.

Cet échange intervient alors que le Vanuatu a saisi la Cour internationale de justice sur Matthew et Hunter. La procédure reste suspendue à l’acceptation de sa compétence par la France, qui maintient sa souveraineté sur les deux îlots.