La réduction progressive des escadrons de gendarmerie mobile en Nouvelle-Calédonie suscite deux lectures. Le haut-commissariat explique cette évolution par une adaptation des moyens à la situation et aux besoins nationaux. Le député Nicolas Metzdorf conteste, lui, la présentation des huit escadrons actuellement présents comme des « renforts ».
Le haut-commissariat confirmait il y a quelques jours la diminution progressive du nombre d’escadrons de gendarmerie mobile depuis le début de l’année. Une réduction liée à des arbitrages nationaux, notamment pour répondre à des besoins importants en métropole.
Le haussaire assure toutefois que les capacités opérationnelles nécessaires à la sécurisation du territoire sont préservées, avec une attention particulière portée aux secteurs sensibles. Au Mont-Dore, l’État indique ainsi maintenir son dispositif tout en le faisant évoluer : les anciens B110 ont été retirés au profit d’un dispositif entièrement mobile, reposant sur des patrouilles quotidiennes en véhicules blindés de nouvelle génération.
Cette diminution intervient après le renforcement exceptionnel des forces engagé à la suite des émeutes de mai 2024. La question porte désormais sur le niveau d’effectifs à maintenir durablement en Nouvelle-Calédonie.
De son côté, Nicolas Metzdorf conteste la présentation du dispositif actuel et met en avant l’évolution du nombre d’escadrons depuis 2024. Selon les chiffres communiqués par le député, la Nouvelle-Calédonie en comptait 6,75 avant le 13 mai 2024, contre une présence habituelle qu’il situe entre 8 et 12 escadrons.
Après le déclenchement des émeutes, leur nombre serait monté jusqu’à 40 quelques semaines plus tard, soit près de 2 900 gendarmes mobiles supplémentaires selon le député, avant de redescendre à 20 en 2025, 12 début 2026 et huit aujourd’hui, représentant environ 600 militaires.
Pour Nicolas Metzdorf, ces huit escadrons correspondent donc aux unités restant après la réduction progressive du dispositif mis en place depuis 2024, et non à de nouveaux renforts. « Appeler cela un renfort, c’est habiller un retrait », estime-t-il. Il précise que sa critique vise les décisions prises à Paris et non le travail du haut-commissaire ou des gendarmes.
Le député cite également les récents incidents au Mont-Dore, dont l’incendie d’un bus au complexe sportif de Boulari, pour demander davantage d’effectifs permanents dans les brigades. Il estime que les rotations de gendarmes mobiles ne peuvent s’y substituer durablement.
Nicolas Metzdorf indique avoir saisi le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez le 7 août pour demander une augmentation des effectifs de gendarmes mobiles à court terme et davantage de gendarmes permanents à moyen terme. À défaut, il demande que le Mont-Dore et Dumbéa passent en zone police nationale.
Huit escadrons aujourd’hui, contre jusqu’à 40 au plus fort de la crise. Pour l’État, les capacités opérationnelles restent préservées. Pour Nicolas Metzdorf, les moyens ne sont plus suffisants. Reste à savoir où placer le curseur, deux ans après les émeutes de mai 2024.

