Après une année 2024 marquée par de multiples chocs dans les Outre-mer, dont les émeutes en Nouvelle-Calédonie, l’année 2025 montre des signes d’amélioration. Mais le territoire reste l’un des plus fragilisés.
Selon la note de conjoncture 2025 de l’IEDOM-IEOM, le climat des affaires poursuit son redressement depuis le point bas du deuxième trimestre 2024, sans retrouver son niveau d’avant-crise. En fin d’année, un tiers des entreprises interrogées déclarent encore une activité inférieure à 50 % de leur niveau pré-crise.
L’emploi reste également sous pression. Après une chute de 15 % en 2024, l’emploi salarié privé recule encore de 2,1 % entre le troisième trimestre 2024 et le troisième trimestre 2025. Tous les secteurs demeurent touchés, dans un contexte de crise économique persistante.
Sur les prix, la Nouvelle-Calédonie bénéficie d’une inflation faible, limitée à 0,7 % en 2025, dans le sillage de la décrue amorcée en 2023. Ce répit sur le pouvoir d’achat ne suffit toutefois pas à compenser la faiblesse de l’activité, ni les difficultés rencontrées par les entreprises.
Le financement bancaire illustre lui aussi cette convalescence incomplète. En Nouvelle-Calédonie, la progression de l’encours de crédits reste limitée à 1,5 % après la forte contraction de 2024. Elle tient essentiellement à un prêt exceptionnel accordé par l’AFD aux collectivités locales, alors que les crédits aux entreprises et aux particuliers continuent de reculer.
La sinistralité bancaire demeure élevée. Le taux de créances douteuses, qui avait fortement progressé en 2024 sous l’effet de la crise, se stabilise en 2025 mais reste à 8,3 % des encours bruts. Les dépôts bancaires reculent aussi légèrement de 0,5 %.
Pour 2026, les perspectives appellent à un optimisme prudent. Le territoire reste suspendue à la clarification de son horizon institutionnel, jugée essentielle pour restaurer la confiance et relancer l’investissement. Dans le même temps, le territoire doit encore faire face à plusieurs défis structurels, notamment en matière d’énergie, d’infrastructures et de compétitivité.
Si le pire semble passé, l’économie calédonienne demeure convalescente. Les entreprises restent fragilisées, l’emploi continue de reculer et la reprise peine encore à s’affirmer.
