Trois leviers, une infographie bien propre, et voilà que chacun y va de sa solution miracle. Pendant que les avions d’Air Calédonie restent cloués au sol depuis près de deux mois sur fond de blocages menés par les coutumiers, les “évidences” surgissent. L’une d’elles, relayée sur la page Facebook Info Vol Calédonie, a particulièrement retenu notre attention : il suffisait donc d’y penser… ?
Ils sont forts. Vraiment très forts.
En quelques cases bien alignées, voilà donc résolu ce que des mois de blocage au sol, de tensions locales et de réalité économique n’avaient manifestement pas suffi à faire avancer. Trois leviers, pas un de plus. Il fallait simplement poser ça quelque part, avec des pictogrammes, pour que tout devienne limpide.
Réhabiliter Magenta. Évidemment. Comme si le problème aujourd’hui était une question d’infrastructure ou de confort passager, alors que les avions ne décollent même plus. On en viendrait presque à croire que le vrai sujet, c’est le parking… pas le fait que les appareils restent cloués au sol.
Développer des partenariats régionaux. Là encore, l’idée est belle. Presque séduisante. Sauf qu’elle semble flotter très au-dessus de la réalité du moment. Avant de parler d’ouverture vers l’extérieur, encore faudrait-il pouvoir faire décoller un avion à l’intérieur.
Et puis le clou du spectacle : injecter des financements maintenant. Là, on touche au sublime. Parce que dans cette logique, il suffirait donc d’un apport financier pour résoudre une situation qui, manifestement, dépasse largement la seule question des comptes. Comme si un virement pouvait lever des blocages, apaiser des tensions et remettre des avions en l’air.
Au fond, ce qui frappe, ce n’est pas tant le contenu que le timing. Pendant que la compagnie est à l’arrêt, que le pays traverse une crise majeure, certains continuent de dérouler des solutions théoriques, presque hors-sol. Comme si la réalité pouvait attendre que l’infographie soit terminée.
Mais après tout, pourquoi compliquer les choses ? Trois leviers, un peu d’argent magique, et le tour est joué.
Ya plus qu’à….

