Alors que le conflit qui oppose le gouvernement aux coutumiers des îles autour du déménagement de l’aérodrome de Magenta vers Tontouta continue de tendre le débat, certains internautes, eux, ne manquent pas d’idées et proposent des solutions

L’un d’eux propose, ni plus ni moins, de recréer une compagnie à partir d’Air Loyauté, (devenue en 2024 Air Océania) « avec de nouveaux investisseurs et un actionnariat populaire », en s’appuyant sur « un syndicat mixte du transport aérien » réunissant collectivités et communes insulaires. Le tout en « reprenant le personnel d’Aircal », avec des prestations moindres quand même, et en affirmant une ligne claire : « rester à Magenta ».

Sur le papier, tout y est. Une vision locale, une mobilisation collective, une valorisation des compétences existantes. Une alternative qui donne le sentiment qu’il suffirait de réorganiser intelligemment pour sortir de l’impasse. C’est séduisant, presque évident. Et surtout, ça répond à une attente : celle de ne pas subir, mais de proposer.

Mais comment ne pas y avoir pensé plus tôt !

Malheureusment derrière cette construction, la réalité est autrement plus brutale.

Moins 40 % de trafic ; des centaines de millions de pertes ; deux avions réellement disponibles ; et des coûts d’exploitation qui restent parmi les plus élevés.
Dans ce contexte, maintenir deux plateformes n’est plus soutenable. Et recréer une compagnie, aussi vertueuse soit-elle dans l’intention, ne peut s’envisager dans une situation économique aussi dégradée.

Le contraste est frappant. Entre l’imaginaire collectif, capable de produire des solutions rapides et fédératrices, et une réalité qui, elle, impose ses contraintes sans concession. C’est souvent là que tout se joue. Et parfois, que les rêves se fracassent.