Les défaillances d’entreprises repartent nettement à la hausse dans les Outre-mer. Selon les dernières données publiées pour le quatrième trimestre 2025, 2 832 redressements et liquidations judiciaires ont été enregistrés sur l’ensemble de l’année, soit une progression de 12,2 % sur un an. À titre de comparaison, la hausse reste contenue à 3,5 % à l’échelle de la France entière, confirmant une dégradation plus marquée dans les économies ultramarines.

Dans ce contexte, la Nouvelle-Calédonie apparaît comme une exception relative. Le territoire enregistre 385 défaillances en 2025, soit une augmentation limitée de 11,3 % sur un an. Un niveau qui reste inférieur à celui observé dans d’autres territoires, comme la Guadeloupe (+44,3 %) ou surtout la Guyane (+205,5 %), où l’effet de rattrapage post-crise sanitaire est particulièrement prononcé.

Cette évolution modérée en Calédonie s’explique en partie par le maintien de dispositifs de soutien à l’économie, mis en place à la suite des événements de mai 2024. Ces mesures ont contribué, à ce stade, à contenir les cessations d’activité, malgré un environnement économique toujours fragile.

À l’inverse, certains territoires enregistrent des replis marqués, à l’image de Mayotte (-52,4 %) ou de la Polynésie française (-18,6 %), traduisant des dynamiques locales très contrastées au sein de l’Outre-mer.

Sur le plan sectoriel, la tendance reste globalement orientée à la hausse, y compris en Nouvelle-Calédonie.

Les secteurs les plus exposés sont le transport et l’entreposage (+28,6 %), l’hébergement-restauration (+25,2 %) et les services aux entreprises (+24,6 %). Ces activités, particulièrement sensibles aux variations de la demande et aux coûts d’exploitation, concentrent une part importante des difficultés.

Au total, si la situation calédonienne apparaît moins dégradée que dans d’autres territoires, elle n’échappe pas à la tendance générale. La progression des défaillances, même contenue, confirme la fragilité persistante du tissu économique local, dans un contexte encore marqué par les conséquences des crises récentes et une reprise qui demeure incertaine.