Deux hommes ont été mis en examen pour meurtre et placés en détention provisoire ce mercredi après-midi, après la mort d’une personne transsexuelle retrouvée sur un talus. L’enquête devra notamment déterminer si le passage à l’acte est lié à l’orientation sexuelle de la victime.
Les deux auteurs présumés du meurtre ont été présentés, ce mercredi après-midi, au magistrat instructeur dans le cadre de l’ouverture d’une information judiciaire. Ils ont été mis en examen du chef de meurtre et placés en détention provisoire par ordonnance du juge des libertés et de la détention, conformément aux réquisitions du ministère public et à la demande du juge d’instruction.
La détention provisoire a été ordonnée afin de garantir le bon déroulement de l’enquête, d’éviter toute concertation entre les coauteurs, de prévenir un éventuel renouvellement des faits au regard du mode opératoire relevé, et de mettre fin au trouble exceptionnel et persistant à l’ordre public causé par la gravité des faits.
Selon les premiers éléments de l’enquête, l’un des mis en cause a déclaré avoir rencontré la victime, une personne transsexuelle connue dans le quartier, qui lui aurait proposé un acte sexuel. Il lui aurait alors demandé de l’attendre sur un talus le temps d’aller chercher son cousin.
À leur retour, la victime aurait été violemment frappée au visage avant de recevoir une quinzaine de coups de pied portés principalement à la tête par les deux auteurs présumés. La victime a été retrouvée sur un talus, nue, ses vêtements déchirés.
Les mis en cause ont reconnu avoir déshabillé la victime et s’être emparés de sa paire de chaussures, laquelle aurait ensuite été jetée à l’entrée d’un immeuble situé à proximité. Le premier auteur présumé a indiqué avoir agi afin de faire cesser, selon ses propos, les propositions sexuelles faites par la victime à des habitants du quartier.
La scène de violences, décrite comme particulièrement grave et sans motif apparent, a pris fin à l’arrivée d’un témoin.
L’information judiciaire devra notamment déterminer si le passage à l’acte est ou non lié à l’orientation sexuelle de la victime. Pour rappel, le meurtre est passible de trente ans de réclusion criminelle. Lorsqu’il est aggravé par un mobile lié à l’orientation sexuelle de la victime, la peine encourue est la réclusion criminelle à perpétuité.
