En août 2025, la Chambre territoriale des comptes a publié un audit pointant la hausse significative des frais de déplacement des élus, en particulier pour les missions effectuées hors du territoire.
Dans ce contexte, le parquet de Nouméa a été saisi de plusieurs cas de dépenses jugées anormalement élevées, notamment lors de déplacements à Paris. Une enquête a ainsi été ouverte le 12 août 2025, pour détournement de fonds publics par une personne chargée d’une mission de service public, visant Mickaël Forrest, membre du gouvernement calédonien.
Les investigations portent sur une mission effectuée à Paris entre le 6 et le 17 avril 2023.
Les frais de transport intra-muros et de transferts aéroportuaires, facturés par une société parisienne de transport automobile, se sont élevés à 8 871 euros (soit environ 1 058 000 francs CFP). Cette facture a été réglée le 30 juin 2023 par la Maison de la Nouvelle-Calédonie à Paris, au titre d’une « avance de frais pour le compte du gouvernement ».
Cependant, les services gestionnaires du territoire ont refusé de valider cette dépense, estimant qu’elle ne respectait pas le cadre réglementaire en vigueur.
Lors de son audition, M. Forrest a reconnu que cette pratique, bien qu’irrégulière, est « courante dans notre administration », tout en s’engageant à ce qu’elle ne se reproduise plus.
Le parquet a finalement décidé de classer la procédure sous réserve du versement par l’élu d’une contribution citoyenne de 150 000 francs CFP au profit d’une association d’aide aux victimes.
Une autre procédure est en cours concernant un second élu, dont les frais de transport lors d’une mission de six jours à Paris se sont élevés à 3 436 euros (soit 410 026 francs CFP).
À travers ces démarches, le parquet entend rappeler aux responsables publics leurs obligations de rigueur dans l’usage des fonds publics, ainsi que les principes de transparence et d’exemplarité attendus dans l’exercice de leurs fonctions.
