L’Union syndicale des travailleurs kanak et des exploités (USTKE) annonce dans un communiqué qu’elle ne participera pas aux groupes de travail du Pacte de refondation économique et sociale. Elle dénonce un processus « imposé depuis Paris », un endettement conditionné et des réformes qui, selon elle, font peser l’effort de redressement sur les plus modestes.

Cette décision, prise lors de l’Assemblée générale du 4 novembre, s’inscrit dans la continuité du rejet de l’accord de Bougival. Pour l’USTKE, le pacte de refondation prolonge cette logique : il serait pensé hors du pays et contraire à l’esprit de décolonisation de l’Accord de Nouméa.
Le syndicat estime qu’en cherchant à « stabiliser » les finances locales par un prêt garanti par l’État d’un milliard d’euros et un plan d’économies de 160 millions d’euros, l’État impose une austérité déguisée en relance.

Dans son analyse, l’organisation syndicale pointe une double dérive : d’un côté, un dialogue social réduit à la concertation de façade ; de l’autre, une stratégie économique qui favorise la compétitivité et la défiscalisation au détriment des solidarités.
L’USTKE considère que la population supporte une part disproportionnée de l’effort, à travers des baisses d’aides et de prestations publiques, tandis que les entreprises bénéficient d’allégements fiscaux.

Pour la présidente Mélanie Atapo, ce refus ne signifie pas un désengagement mais un choix de cohérence. L’USTKE appelle à une véritable refondation du pays, définie localement, « avec les forces vives du pays et au service des générations futures ». Le syndicat précise toutefois qu’il restera attentif aux réformes déjà engagées localement dans le cadre de l’accord signé le 12 mai 2025, afin de veiller à ce qu’elles servent réellement les intérêts du pays et de sa population.

Il ne serait pourtant pas inutile de rappeler au syndicat les conséquences du 13 mai 2024 : quatorze vies perdues, 2,2 milliards d’euros de dégâts, près de 800 entreprises détruites, des milliers d’emplois disparus et une économie amputée d’environ 16 % de son PIB. Un champ de ruines dont le pays tente encore de se relever. Et l’on reste tout de même surpris de constater que, quarante ans après l’Accord de Nouméa, l’USTKE s’interroge encore sur la meilleure façon de préparer l’après…