Treize morts violentes au sein du couple ont été recensées en 2024 dans les territoires d’Outre-mer, selon le rapport annuel du ministère de l’Intérieur. Douze des victimes sont des femmes, tuées par leur conjoint ou ex-conjoint. La Réunion et la Martinique concentrent les drames les plus nombreux, mais tous les territoires sont concernés : Guyane, Guadeloupe, Mayotte, Polynésie française, Saint-Martin… et la Nouvelle-Calédonie.

Les violences intrafamiliales y restent un fléau majeur, souvent aggravé par la précarité sociale, l’isolement géographique et le manque de structures d’accueil. Les associations dénoncent des moyens encore trop faibles, des dispositifs de signalement parfois inadaptés et des délais d’intervention trop longs. Dans les îles éloignées, l’accès à la justice et à l’hébergement d’urgence relève souvent du parcours du combattant.

En Nouvelle-Calédonie, la situation n’échappe pas à cette réalité. Selon une enquête de l’ISEE réalisée en partenariat avec l’État, près de 8 300 femmes seraient chaque année victimes de violences physiques ou sexuelles, qu’elles soient conjugales, familiales ou extérieures au foyer.

Ces dernières années, les violences intrafamiliales ont augmenté d’environ 50 %, un chiffre alarmant à l’échelle du territoire. En 2024, une mort violente au sein du couple a été recensée, mais les associations estiment que les cas graves restent largement sous-déclarés, faute de données consolidées et de suivi régulier.

À l’échelle nationale, 138 morts violentes au sein du couple ont été enregistrées en 2024, dont 107 femmes, un chiffre en hausse par rapport à 2023. Rapporté à la population, les morts violentes au sein du couple sont plus de trois fois plus fréquentes dans les Outre-mer qu’en métropole.

Pour les acteurs de terrain, la prévention doit devenir une priorité absolue : formation des forces de l’ordre, accompagnement psychologique, hébergements d’urgence et campagnes d’éducation dès le plus jeune âge. Car derrière les statistiques, il y a des femmes, des familles et des vies brisées, et une société qui ne peut plus fermer les yeux.


📞 Aide aux femmes victimes de violences

  • Le Relais de la province Sud : 20 37 70 ou n° vert 05 00 21
  • Le DAV au Médipôle : 20 83 40
  • SOS Écoutes : n° vert 05 30 30
  • SOS Violences : n° vert 05 11 11 ou 25 00 04
  • Le CIDFE : 20 37 40
  • L’ADAVI : 27 76 08
  • L’ACJK : 96 30 55