La CCAT appelait à manifester samedi après-midi à Nouméa, Koné et dans les îles pour dénoncer le rejet de l’accord de Bougival et le report annoncé des élections provinciales. Mais la mobilisation n’a pas pris.
À Nouméa, le rendez-vous fixé à la Vallée-du-Tir n’a rassemblé que quelques dizaines de personnes, dans une ambiance calme. À Koné, Lifou et Ouvéa, même scénario : des petits groupes dispersés, sans cortège ni mot d’ordre fort. Une participation bien en deçà des attentes des organisateurs, loin des grandes mobilisations de mai dernier.
Une faible affluence qui intervient alors que le processus politique entre dans une phase décisive. Le texte prévoyant de reporter les élections provinciales et le renouvellement du Congrès avant le 26 juin 2026 sera examiné à l’Assemblée nationale lundi.
C’est justement ce point qui inquiète la CCAT et les indépendantistes. En repoussant les élections provinciales à 2026, le scrutin pourrait se tenir avec un corps électoral partiellement dégelé, ouvrant la voie à de nouveaux votants jusqu’ici exclus. Une perspective qu’ils jugent contraire à l’esprit de l’accord de Nouméa et aux équilibres politiques qu’il garantit.
Malgré les appels à la « résistance » et à « l’unité », la population ne suit plus. Fatigue, lassitude ou désaccord sur la stratégie : la dynamique de terrain s’essouffle.
La CCAT appelle pourtant à un nouveau rassemblement lundi matin devant le Haut-commissariat, au moment où les discussions se poursuivront à Paris. Mais après l’échec de samedi, difficile de savoir si la rue répondra encore.
