Entre fruits tachés, prix jugés excessifs et méfiance grandissante, l’ananas local se retrouve au centre d’une véritable tempête médiatique. UFC Que Choisir contre-attaque après les déclarations du président de la Chambre d’Agriculture à la foire de Bourail.

À l’occasion de la foire de Bourail, le président de la Chambre d’Agriculture et de la Pêche s’est exprimé au micro de RRB au sujet de la polémique autour des ananas contaminés par un champignon, qui noircit le fruit de l’intérieur. Ses propos, mettant en cause UFC Que Choisir, ont suscité une réaction officielle de l’association de défense des consommateurs.

Une alerte assumée

Dans un courrier signé par Philippe Lassauce, représentant d’UFC à l’IFEL (Interprofession Fruits et Légumes) et chargé de communication, l’association rappelle qu’elle a assumé la responsabilité d’alerter le public sur ce problème qui perdure depuis plus d’un an. Selon elle, il est du rôle d’une organisation de défense des consommateurs de signaler la mise en vente de produits de mauvaise qualité, d’autant que ces ananas sont commercialisés à un prix élevé, autour de 850 à 900 F/kg.

Des solutions encore insuffisantes

Si l’Association reconnaît la réactivité de l’IFEL dans la recherche de solutions transitoires, elle regrette que certaines mesures décidées ne soient toujours pas appliquées, notamment l’affichage de la date de récolte pour informer les consommateurs. L’association propose des actions immédiates pour regagner la confiance : baisser temporairement les prix, renforcer l’étiquetage, ouvrir des fruits sur les étals afin de prouver leur qualité.

Le consommateur d’abord

Dans sa réponse, l’UFC conteste l’idée selon laquelle les consommateurs calédoniens reconnaîtraient globalement la qualité des productions locales. Au contraire, elle pointe une méfiance persistante et une consommation de fruits et légumes jugée trop faible, en partie à cause des prix et du manque de garanties sur la qualité.

L’association défend une approche équilibrée : valoriser les producteurs responsables et leurs efforts, mais aussi retirer du marché les produits non conformes. Elle plaide pour des règles d’étiquetage claires, une ouverture des importations à condition de respecter les mêmes normes, et une politique d’échanges plus ambitieuse, notamment vers l’Australie, la Nouvelle-Zélande ou Singapour.

Enfin, Philippe Lassauce propose au président de la Chambre d’Agriculture une rencontre afin d’échanger sur ces sujets, dans l’objectif de trouver un terrain d’entente entre producteurs et consommateurs.

Pour l’UFC, le message est clair :
« C’est à la profession de s’adapter aux attentes du consommateur, et non l’inverse. »