Les entreprises réquisitionnées pour le déblaiement des routes à Nouméa et dans le Grand Nouméa après l’insurrection du 13 mai pour permettre aux calédoniens de circuler, lancent un appel à la solidarité des fédérations et des syndicats. Alors qu’elles font face à des factures impayées représentant plusieurs centaines de millions de francs CFP, leur situation financière devient critique.

Depuis plusieurs mois, afin de rétablir le droit de circuler, un groupement de sociétés mandatées par le Haut-Commissariat pour le déblaiement des routes a été réquisitionné à toute heure, jour et nuit, pour nettoyer et rétablir l’état des infrastructures routières. Ces entreprises ont engagé des frais considérables, incluant les salaires, le carburant (en partie fourni), ainsi que l’entretien et la réparation des machines, notamment dans des zones à risques comme Saint-Louis, où des engins ont été endommagés et des employés blessés par des jets de pierres.

Malgré ces efforts soutenus, elles n’ont pas été payées pour la période de juillet à novembre, et les factures impayées dépassent les 300 millions de francs CFP. Ces dépenses, incluant l’usure des équipements et des réparations, ont été couvertes par les entreprises, dans l’espoir d’un remboursement rapide, mais celui-ci n’a toujours pas été effectué.

L’absence de communication claire et de retour de la part des autorités laisse les entreprises dans une grande incertitude, notamment à l’approche de la fin d’année, période cruciale pour leur gestion de trésorerie.
Des sources proches du dossier font état d’un paiement global de 16 millions d’euros attendu de Paris, mais ces fonds ne sont pas encore arrivés, et la situation budgétaire demeure floue.

Dans ce contexte complexe, plusieurs prestataires tiennent à partager leur situation. Bien que conscientes des difficultés rencontrées par les institutions publiques, ils rappellent que les frais engagés relèvent d’une mission d’intérêt public et appellent donc à une régularisation rapide des paiements pour éviter de graves conséquences financières et préserver leur survie à moyen terme.