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La violence ordinaire.
7 janvier 2015
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Mots 3


C’est vrai que jusqu’à maintenant je me suis un peu pliée à l’exercice des fêtes et autres évènements qui nous préoccupent tous un peu en ces périodes houleuses de fin d'année.

On commence à peine à se connaitre et je me suis longuement demandée, au cours d’une de mes nombreuses nuits d’insomnie, comment débuter 2015...

Mais ne vous inquiétez pas, la presque angoisse de la feuille blanche n’a pas résisté longtemps à cet esprit aigri et râleur qui m’anime.
Je me suis alors souvenue qu’il y'a très peu de temps s’était déroulée la « Journée d’Action contre les violences faites aux femmes »

Une journée c’est top mais comme beaucoup d’autres causes il faudrait que ce soit tous les jours, que ça tienne dans la durée !

Mais bon, comme ce n’est pas le cas, je me suis demandée pourquoi on ne mettrait pas en place une journée «d’action de lutte contre les cons et leur propos machistes» ?
Un des lieux où tout naturellement la violence prend naissance.

Mots 1


Une des rares choses, et cependant fondamentale que la philosophie m’ait apprise (au lycée), ce n’est pas de savoir comment on initiait les jeunes hommes à la politique...
Mais plutôt, l’importance du sens des mots, que l'on se mette à la réflexion ou que l’on converse avec un autre.

Revenons donc à cette "nouvelle journée", totalement personnelle et arbitraire.
Pour mieux la comprendre, je vais vous donner quelques explications.

Imaginons,

"Martine, qui est assistante sociale, est à table dans un resto dans Nouméa avec sa mère. Le directeur d’un autre service, qu’elle connait, disons plus de vue, que professionnellement, se restaure lui aussi … 

A la fin du repas, ce Monsieur, charmant qui est en plus bien élevé, vient saluer Martine et sa Mère.

Il prend le temps de dire en posant sa main chaleureusement sur son épaule : Vous savez votre fille, en plus d’être belle est aussi une très bonne assistante sociale !"

Ça aurait été Régis, on lui aurait d’abord fait une clé de bras !
De quel droit il nous tripote l’épaule en parlant à notre mère ?
Et ensuite on lui aurait demandé gentiment de fermer son clapet…

Mais, arrêtons-nous une minute sur le concept du corps de l’autre.

Principe incontournable PERSONNE ne peut disposer du corps de l’autre que ce soit pour lui flatter la "croupe comme une bonne jument", ou pour y porter des coups...

Revenons à notre histoire, si Martine venait de réaliser la dernière campagne de maillot de bain de chez Tatie, le paramètre concernant sa disposition physique aurait pu, un tant soit peu, avoir du sens. Mais, professionnellement, elle côtoie la misère et autres faits douloureux, de notre quotidien, alors franchement on s’en tape de savoir si est belle (bonne) ou pas, non ?

Autre possibilité :

"Imaginons, une de ces soirées où, par exemple, une élue (je vous laisse choisir celle qui vous vend le plus de rêve) viendrait nous honorer de sa présence…

J’en profiterais pour être une personne aimable et sociable.

En tapotant affectueusement l’épaule de ce même directeur (celui dont on a parlé plus haut), je dirais "Je vous présente, Mr Machin qui en plus d’avoir un petit cul pommelé dans lequel je croquerai bien à chaque réunion interservices, est un directeur compétant et très humain..."

 

Mots 2


Bref !

Pour ceux qui n’auraient pas encore bien saisi, c’est un peu comme quand un de mes "pseudos-ex" me dit à une soirée, en me caressant le menton :
"Ca va aller pour toi ma belle, je te fais confiance"

"Ma belle" ! Il est sérieux ? Et puis "ça va aller" de quoi ?
Il pense vraiment que je suis en détresse depuis qu’il n’illumine plus mes journées ?

Et ce geste, à moitié paternaliste et mal placé (au vue du fait qu’il a perdu tous autorisation de contact avec ma personne du jour où on s’est quitté)…

Eh bien,  il a fallu que deux bonnes copines lui indiquent de partir très vite, pour que je ne finisse pas par le bombarder…

Finalement, tout ça pour dire que les mots peuvent être violents et faire naitre en nous cette même violence… Voir même, dans le cas de mon ex, une bouffée de rage, irraisonnée….

Alors non, je ne viens pas lancer un débat féministe, loin de moi cette idée.
Je ne suis ni pour la supériorité d’un groupe, ni pour une forme d’égalité à tout prix mais plutôt pour une complémentarité pertinente…

La violence ordinaire*,  c’est ainsi que je nommerais ce que les mots employés "pour rire",  "sans faire exprès" ou encore "par habitude",  continuent de générer dans nos quotidiens et nos subjectivités…

Il n’y a pas que Régis sa copine ou les cons qui perpétuent cette violence...
C'est à nous tous de rester vigilant !

Pascale Line

*La violence ordinaire : pour ceux que ça intéresse sachez qu’il y a beaucoup d’autres gens et souvent bien mieux que moi, qui en ont parlé…


COMMENTAIRES



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Coco Der
Se méfier des maux aussi... Sinon, j'aime bien le : "Ma belle" ! Il est sérieux ? Et puis "ça va aller" de quoi ? :-) Merci pour cet article P.L.
Nathalie Boullion
J'adoooore !
Ana Ikai
à méditer
Jean-Noël Thomas
Ben oui, c'est un gros connard machiste: il y en aura toujours... On pourrait épiloguer longtemps sur les comportements de certains, mais aussi de certaines, quand à l'image qu'ils ont de l'autre... Pour avoir souvent pris de monumentales "vestes".. Je sais aussi que les femmes peuvent être terriblement violentes! Et j'en fais pas tout un plat...
Pascaline SE
le tour , des femmes viendra.....
Jean-Noël Thomas
C'est gentil d'y penser... Je suis pour l'égalité des sexes... Pas un changement de dominant en dominante. Aucun intérêt...
Jean-Noël Thomas
J'aime les gens... En tant qu'homme, hétérosexuel, j'ai une petite préférence pour les femmes...
Gérard Coche
Le 25 novembre a vu beaucoup d'élus s'engager à ne pas être complice de violences faites aux femmes. Qu'en est-il aujourd'hui ? S'agit-il encore d'une promesse électorale ? (nous connaissons tous la valeur de ces promesses).

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