Référendum, les appels à la non participation se multiplient

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Réunis sous la dénomination « Comité Stratégique Indépendantiste de Non-Participation », les représentants des partis  politiques tenaient une conférence de presse hier lundi après midi.

Les représentants des indépendantistes ont affirmé leur non-participation à la 3ème consultation référendaire au 12 décembre, si la date est maintenue et demandent un report en septembre ou en octobre 2022. Ils dénoncent « une rupture de parole de l’Etat français, une consultation anxiogène, biaisée et mal préparée… ». Ils préviennent qu’ils ne respecteront pas son résultat si la date du 12 décembre était maintenue, réitérant leur mot d’ordre de non-participation.

Le 4 octobre 2020, lors de la dernière consultation « La population intéressée s’est prononcée à 85,69 % alors que notre pays était covid-free. Cet extraordinaire taux de participation, et un Oui à 46,74%, démontrent la forte implication et l’intérêt des populations concernées, bien au-delà du seul peuple premier. » 

« Nous, les partisans du oui (à l’indépendance), souhaitons que cette ultime consultation de l’accord de Nouméa se déroule dans un climat serein et apaisé […] ce ne sera pas le cas », ont indiqué les responsables du FLNKS, du MNSK et de l’USTKE.
Ils précisent que dans ces conditions ils ne « respecteront » pas le résultat « et que si nécessaire ils pointeraient devant la communauté internationale les manquements d’un État (français, ndlr) qui ne tient pas parole ».

Une décision irrévocable

Les indépendantistes qualifient « d’irrévocable » leur décision, prise le 20 octobre, de ne pas prendre part au scrutin et ont précisé qu’ils n’avaient pas transmis de matériel de propagande pour la campagne à la commission de contrôle du vote.
Bien qu’elle soit en net repli, l’épidémie de Covid-19, qui sévit dans l’archipel et a fait jusqu’alors 271 morts, est invoquée par les indépendantistes kanaks, considérant qu’une « campagne équitable est impossible ». 

Un argument culturel

Alors que la majorité des victimes est océanienne, les différentes mesures de confinement n’ont pas permis aux populations de procéder aux rites funéraires traditionnels. « La douleur et la dignité face aux morts est évidemment la même pour tout le monde. Nous disons simplement que notre culture du deuil est différente ».
Un argument culturel également repris par le Sénat coutumier, qui a, à son tour, demandé le report du dernier référendum dans le cadre de l’accord de Nouméa. 

Refus de tout engagement sur la période de transition 

Fixée en juin dernier à Paris par l’État, la date du 12 décembre n’avait pas fait l’objet d’un consensus entre les loyalistes, qui la soutiennent, et le FLNKS. Qui sera alors autour de la table pour discuter le lendemain ? Nous n’y serons pas.
La coalition indépendantiste a en outre annoncé ne plus « se sentir engagée » dans le calendrier défini en mai dernier, qui ouvrait après le référendum une période de transition de 18 mois avant un référendum de projet en juin 2023.

Non participation et pas boycott

En revanche, les différents leaders nationalistes ont rappelé que leur mot d’ordre était « la non-participation et pas le boycott en raison des connotations négatives » et qu’il n’y avait « aucun appel à la violence ».

Le sénat coutumier demande un an de deuil kanak 

L’institution décrète un an de deuil kanak à partir du 6 septembre. Plus de 50% des décès liés au Covid concernent des personnes d’origine kanak. Un traumatisme selon l’institution qui se positionne donc en faveur du report de la consultation. Un courrier a été adressé dans ce sens au Président Emmanuel Macron

La décision finale attendue dans quelques jours

La décision finale de l’État sur un report ou pas de ce référendum est attendue dans les jours qui viennent. Sébastien Lecornu a toutefois prévenu qu’un report serait uniquement justifié par des critères « sanitaires » et donc, « objectifs ».

Pour rappel, dans le cadre du processus de décolonisation de l’accord de Nouméa (1998), deux référendums ont eu lieu en 2018 et 2020 et rejeté l’indépendance avec une majorité de 56,7% puis 53,3%. Les taux de participation ont dépassé les 80%.