La française des jeux un jour sur le territoire ?

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Alors que l’annonce du gain, en Polynésie la semaine dernière, de 220 millions d’euros, soit 26 252 983 293 francs CFP à l’EuroMillions, a fait la une de la presse locale et nationale, et fait tourner beaucoup de têtes, nombre de calédoniens se demandent pourquoi la française des jeux n’est toujours pas présente sur le territoire.

Des discussions engagées qui n’ont pas abouti

En 2019, la Française des Jeux avait engagé des discussions avec les autorités calédoniennes en vue de commercialiser ses jeux et ses paris sur le territoire.

Si les jeux en général, sont une compétence de l’Etat, sur le territoire, l’autorisation de les organiser ou non dépend du gouvernement et d’une délibération du congrès.

Le 29 juillet 2019, les élus étaient donc convoqués en séance plénière pour se prononcer sur la réglementation des jeux d’argent et de hasard…

Au-delà de ce qui existe déjà : Casinos, bingos ou PMU, la question posée était celle de l’introduction en Nouvelle-Calédonie de la FDJ. Loteries et jeux de grattage seraient autorisés par une convention signée pour 25 ans avec la FDJ. 

Un deal pourtant intéressant

L’état prélèverait 0,3% des mises, et déduction faite des frais d’organisation et des gains, la Nouvelle-Calédonie bénéficierait d’une manne financière d’environ 1 milliard de francs par an, si l’on compare à ce qui existe en Polynésie française. Une somme, il faut bien l’avouer pas négligeable en tant de crise !

Pour autant les élus avaient émis des réserves sérieuses, notamment sur la crainte liée aux addictions et au surendettement des familles.
Calédonie Ensemble, affirmait à l’époque « Ce type d’addiction existe sur le territoire qui permet l’accès déjà aux casinos, bingo ou autres lotos. Ne l’aggravons pas.

En conclusion, le gouvernement devait réaliser une étude sur les risques d’addiction que peuvent représenter ces jeux et la communiquer à l’état. Ce qui n’a semble t-il jamais été fait….

Bon à savoir En 2019, Selon la dernière enquête sur le sujet de l’Observatoire des jeux et l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes), la France compte aujourd’hui 250 000 joueurs excessifs et 1 million présentant un risque d’addiction, dont 60 % aux jeux de loterie.

Selon Marc VALLEUR, médecin chef de l’hôpital Marmottan spécialisé dans les soins et l’accompagnement des pratiques addictives : « Le passage d’un jeu loisir à un jeu excessif commence à se faire à partir du moment où le budget jeu a des conséquences sur le budget nécessaire à la vie, ce qui explique la vulnérabilité des personnes qui ont très peu de revenus. Le jeu occulte tout le reste de l’existence».