La NZ pourrait bientôt s’appeler Aotearoa

AOTEAROA

Ce 14 septembre, le Parti māori a lancé une pétition en Nouvelle-Zélande pour changer le nom du pays. La traduction la plus reconnue d’Aotearoa est « long nuage blanc ». À l’origine, cela ne faisait référence qu’à l’île du Nord, mais dans l’usage moderne, il englobe toute la nation.

« Nous sommes un pays polynésien. Nous sommes Aotearoa», ont déclaré dans un communiqué les dirigeants de la formation politique.

Ils demandent également que la langue traditionnelle autochtone soit considérée comme la première langue officielle, ce qui se traduirait notamment par la traduction du nom de toutes les villes et localités. 

Le Parti māori dénonce en effet la politique coloniale débutée au début du XXe siècle, qui avait entraîné une quasi-disparition de la langue traditionnelle. Aujourd’hui, selon la pétition, seulement 20% des autochtones peuvent la pratiquer, et seulement 3% de la population néo-zélandaise.

« C’est le devoir de la Couronne (la Nouvelle-Zélande fait partie du Commonwealth, ndlr) de faire tout ce qu’elle peut pour restaurer le statut de notre langue.
Cela signifie qu’il faut la rendre accessible dans les endroits les plus importants, dans nos télévisions, dans nos stations de radio, sur nos panneaux, nos cartes, nos publicités et notre système éducatif », peut-on lire sur le site internet du Parti māori. 

Un changement déjà dans toutes les têtes ?

Outre le fait que la pétition demande l’officialisation pour 2026, des entreprises et des politiciens utilisent régulièrement Aotearoa. C’est notamment le cas de Vodafone depuis septembre 2020. 

Questionnée sur le sujet il y a plusieurs mois, la Première ministre Jacinda Ardern assurait ne pas encore avoir « exploré » l’idée. Sans aller jusqu’à soutenir totalement le changement de nom, elle déclarait alors : « que nous le changions ou non par la loi, je ne pense pas que cela changera le fait que de plus en plus de Néo-Zélandais utilise Aotearoa, et je pense que c’est une transition qui a été acceptée ».
Reste à savoir si la pétition rencontrera un succès suffisant pour entraîner un véritable débat politique. 

AFP