Mort d’Aymeric, pour les parents la piste criminelle doit être envisagée

Aymeric

Une enquête relancée ? Suite à la mort du jeune Aixois de 25 ans décédé le 11 décembre 2020 en Nouvelle-Calédonie, l’avocat pénaliste marseillais Emmanuel Molina a déposé mardi dernier une plainte contre X du chef d’homicide volontaire. Une plainte déposée au nom de la famille Delforge qui refuse de croire en l’origine accidentelle de la mort d’Aymeric. Un décès dans d’obscures circonstances.

Rappel des faits

Ce 11 décembre, à 9h00 du matin, le jeune homme est retrouvé au bas d’une colline de la commune de Dumbea, au nord de la capitale Nouméa. L’endroit est isolé, boisé. Sur une grande partie, le corps d’Aymeric est brûlé. Transporté en urgence à l’hôpital, il décède des suites d’une asphyxie consécutive aux brûlures des voies aériennes. L’enquête est alors confiée à la gendarmerie locale.

« Des investigations initiales bâclées » ?

Des auditions sont menées. Des prélèvements sont effectués en haut de la colline. Un briquet a été retrouvé. Un bidon d’essence aussi. Un témoin raconte avoir vu le jeune homme monter la colline avec ces accessoires. En mars, l’enquête est bouclée. Elle conclut en une mort accidentelle. « Impossible« , s’étonne la famille.

La mobilisation médiatique porte ses fruits. Le 10 juin, le procureur de la République en Nouvelle-Calédonie annonce l’ouverture d’une information judiciaire en recherche des causes de la mort tout en précisant : « Je le rappelle, la cause accidentelle de ce décès est établie. » Stupeur pour les Delforge.

Poursuivre les investigations et creuser la piste criminelle

Me Molina, fondateur de l’ADPFE – dispositif d’assistance juridique et judiciaire dédié à la protection des intérêts des Français de l’étranger – propose son aide et s’appuie sur plusieurs éléments pour nourrir la plainte. Il relève différents points. Aucune expertise ADN n’a été menée, des scellés détruits, des analyses non réalisés, aucun bornage téléphonique sollicité. Peu de temps avant son décès, Aymeric avait été séquestré. Son corps présentait des hématomes et une fracture du nez.

Autant d’éléments qui permettent, d’après la famille, de poursuivre les investigations et de creuser la piste criminelle. Saisi de la plainte, le procureur a désormais l’opportunité soit d’ouvrir une nouvelle information judiciaire pour homicide, soit de classer l’affaire sans suite. Passé un délai de trois mois et si rien ne se passe à la date du dépôt de plainte, la famille entend saisir le doyen des juges d’instruction en Nouvelle-Calédonie.

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